Ce film unique mêle documentaire et drame pour raconter l'histoire d'une femme née dans une grotte il y a plus de soixante ans. Devenue matriarche dans un village, elle est hantée par des rêves où sa mère décédée la rappelle vers son lieu de naissance. Le réalisateur Nicolas Graux signe une méditation poétique sur la mémoire, la famille et l'appel des origines.
Actuellement à l'affiche dans les cinémas belges, Hair, Paper, Water... (titre original : Tóc, giấy và nước...) est un hybride envoûtant de drame et de documentaire qui transporte le public dans un domaine profondément personnel de la mémoire. Le film suit une femme, née dans une grotte il y a plus de 60 ans, qui vit désormais dans un village entourée de ses nombreux enfants et petits-enfants. Sa vie actuelle est entrecoupée de rêves troublants où sa mère défunte la rappelle vers cette grotte primale, créant une tension puissante entre ses responsabilités présentes et l'attraction spectrale de son passé.
Le réalisateur Nicolas Graux utilise un style délicat et observationnel qui brouille la frontière entre enregistrement factuel et récit lyrique. La durée du film de 71 minutes donne l'impression d'un voyage complet et immersif, permettant au public de s'imprégner des réflexions silencieuses de l'héroïne et des rythmes de la vie villageoise. Le saviez-vous ? La distribution entière est composée d'acteurs non professionnels issus de la même communauté, le rôle principal étant joué par Thi Hau Cao, ce qui confère au film une authenticité et une charge émotionnelle inégalées.
Les acteurs secondaires, dont Cao Xuân Doanh, Cao Thị Hiệu et Cao Thị Bát, seraient de véritables membres de la famille, ajoutant ainsi des couches profondes à l'exploration de la lignée et de l'héritage dans le film. Ce choix transforme le projet d'un simple récit en un portrait familial collaboratif, rendant les thèmes de l'ascendance et de l'appartenance palpablement réels.
Dans le contexte de ses genres, Hair, Paper, Water... se distingue comme un triomphe discret du réalisme poétique. Il renonce à l'exposition documentaire traditionnelle ou aux artifices dramatiques, préférant faire confiance à la puissance de son imagerie—suggérée par son titre évocateur—et à la présence brute de ses sujets. C'est un film qui nous invite à écouter les chuchotements des rêves et les échos des lieux qui nous ont façonnés en premier.